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SUIVI MÉDICAL

Diabète gestationnel : dépistage, seuils et suivi

Facteurs de risque, glycémie à jeun et HGPO, seuils de diagnostic, alimentation et suivi après l’accouchement.

Rédaction OutilsGrossesse.fr Mis à jour le 4 min de lecture

L’essentiel
  • Le diabète gestationnel est une élévation du sucre dans le sang qui apparaît ou est découverte pendant la grossesse.
  • En France, le dépistage est ciblé : il concerne les femmes qui présentent au moins un facteur de risque.
  • Il repose sur une glycémie à jeun au 1er trimestre, puis une HGPO entre 24 et 28 SA.
  • Dans la plupart des cas, il se contrôle par l’alimentation et l’activité physique, et disparaît après l’accouchement.

Pendant la grossesse, le placenta produit des hormones qui rendent l’organisme moins sensible à l’insuline, l’hormone qui fait baisser le taux de sucre dans le sang. Le pancréas compense habituellement en produisant davantage d’insuline. Lorsque cette compensation ne suffit pas, la glycémie augmente : c’est le diabète gestationnel. Il est fréquent, se soigne bien et justifie une surveillance particulière.

Qui doit être dépistée ?

Les recommandations françaises, élaborées par les sociétés savantes de gynécologie-obstétrique et de diabétologie, proposent un dépistage aux femmes qui présentent au moins un des facteurs de risque suivants :

  • âge de 35 ans ou plus ;
  • indice de masse corporelle (IMC) avant la grossesse de 25 ou plus ;
  • diabète de type 2 chez un parent du premier degré (père, mère, frère, sœur) ;
  • antécédent personnel de diabète gestationnel ;
  • antécédent d’enfant pesant plus de 4 kg à la naissance (macrosomie).

Le dépistage peut aussi être proposé si une échographie montre un bébé plus gros que prévu ou un excès de liquide amniotique. Sans facteur de risque, il n’est pas réalisé systématiquement.

Les examens de dépistage

Au premier trimestre : la glycémie à jeun

Chez les femmes à risque, une prise de sang à jeun est réalisée dès le début de grossesse. Elle permet de repérer un diabète déjà présent avant la grossesse mais non connu, ou un diabète gestationnel précoce.

Entre 24 et 28 SA : l’HGPO

L’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) consiste à boire une solution contenant 75 g de glucose, à jeun, puis à mesurer la glycémie à trois moments : avant de boire, une heure après et deux heures après. Il faut rester au laboratoire, au repos, pendant les deux heures. Prévoyez de quoi vous occuper et une collation pour après.

Pour savoir quand vous serez dans cette fenêtre de 24 à 28 SA, consultez votre calendrier de grossesse.

Les seuils utilisés en France

ExamenMoment de la mesureSeuil de diagnostic
Glycémie à jeun (1er trimestre)À jeun0,92 g/L ou plus
HGPO 75 g (24 à 28 SA)À jeun0,92 g/L ou plus
1 heure après1,80 g/L ou plus
2 heures après1,53 g/L ou plus

Une seule valeur égale ou supérieure au seuil suffit pour poser le diagnostic de diabète gestationnel. Une glycémie à jeun de 1,26 g/L ou plus en début de grossesse fait plutôt évoquer un diabète présent avant la grossesse, qui nécessite une prise en charge spécifique.

Pourquoi le surveiller ?

Un diabète gestationnel non contrôlé peut favoriser :

  • un bébé de poids élevé, ce qui peut compliquer l’accouchement ;
  • une hypertension ou une prééclampsie chez la mère ;
  • une hypoglycémie du nouveau-né dans les heures qui suivent la naissance ;
  • un recours plus fréquent à la césarienne.

Bien équilibré, il permet le plus souvent une grossesse et un accouchement sans complication particulière.

Le traitement

L’alimentation, en premier lieu

Une consultation avec un diététicien ou une équipe spécialisée aide à adapter l’alimentation sans « faire un régime » : il ne s’agit pas de manger moins, mais de mieux répartir les glucides sur la journée. Les principes habituels :

  • trois repas et, si besoin, deux ou trois collations ;
  • des féculents à chaque repas, en quantité adaptée, de préférence complets ;
  • des légumes à volonté et des fruits répartis dans la journée plutôt qu’en jus ;
  • limiter les boissons sucrées, les sucreries et les produits très raffinés.

L’activité physique

Marcher après les repas, nager ou pratiquer une activité adaptée aide à faire baisser la glycémie. En l’absence de contre-indication, une activité régulière est recommandée. Voir notre guide sur le sport pendant la grossesse.

L’autosurveillance et, si besoin, l’insuline

On vous apprendra à mesurer votre glycémie au bout du doigt plusieurs fois par jour, avec des objectifs fixés par l’équipe. Si les objectifs ne sont pas atteints malgré l’alimentation et l’activité, des injections d’insuline sont prescrites. Elles ne passent pas au bébé et sont arrêtées après l’accouchement dans la grande majorité des cas.

Après l’accouchement

Le diabète gestationnel disparaît habituellement après la naissance. Il signale cependant un risque plus élevé de développer un diabète de type 2 plus tard, et de refaire un diabète gestationnel lors d’une prochaine grossesse. C’est pourquoi un contrôle de la glycémie est recommandé dans les mois qui suivent l’accouchement, puis régulièrement au cours de la vie. Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et un poids stable réduisent ce risque. L’allaitement est aussi encouragé.

Questions fréquentes

Ai-je fait quelque chose de mal ?

Non. Le diabète gestationnel est lié aux hormones de la grossesse et à des facteurs souvent impossibles à maîtriser, comme l’âge ou l’hérédité. Il n’est pas dû à un « excès de sucre » en particulier.

Peut-on refuser l’HGPO ?

Comme tout examen, il vous est proposé. Si la boisson sucrée vous pose problème (nausées, vomissements, chirurgie bariatrique antérieure), parlez-en : d’autres modalités de surveillance peuvent être discutées avec votre professionnel.

Le bébé sera-t-il diabétique ?

Non, le bébé ne naît pas diabétique. Sa glycémie est simplement surveillée dans les premières heures de vie.